16 de July de 2019

La guerre juridique qui s’est déclarée les dernières années contre des dirigeants progressistes de l’Amérique Latine est une forme inédite et agressive de remplacer les armes militaires par la manipulation de recours légaux.

Le cas plus emblématique de cette rupture de l’État de Droit est le procès intenté à l’ex-président du Brésil Luiz Inácio da Silva. Les juges et enquêteurs de son affaire, dans une connivence punissable, comme l’a été démontré lors de la dernière révélation de conversations publiées dans le portail “The Intercept”, ont systématiquement violé les garanties d’un ex-président à un procès en bonne et due forme avec présomption d’innocence, le principe du juge naturel, le droit aux instances, le “audi alteram partem” [NdT: un principe que personne ne devrait être jugé sans avoir reçu une attention juste lors de laquelle chacune des parties a eu l’occasion de se défendre] et la possibilité de se défendre dans l’intimité.

Par ailleurs, les conditions d’isolement dans lesquelles se trouve Lula en ce moment ne sont pas compatibles avec la dignité et le respect que mérite une personne qui a vaincu la pauvreté de son pays, qui a mené l’économie dans le chemin de la compétitivité, et a placé le Brésil dans les scénarios régionaux et globaux de grande importance stratégique.

S’agissant d’une sérieuse menace contre la démocratie régionale et l’État de Droit, nous les dirigeants présents à la Première Rencontre du Groupe Latino-américain “Progressivement” célébré dans la ville de Puebla, Mexique, nous avons décidé de constituer le Comité Latino-américain pour la Défense de la Justice et la Démocratie constitué par des personnalités de la région pour faire face à la guerre juridique qui aujourd’hui apparaît comme étant une des plus sérieuses menaces à l’institutionnalité démocratique régionale.

Le susdit comité concevra des actions concrètes pour dénoncer les cas de persécution juridique contre d’anciens et actuels chefs d’état et leaders progressistes au Brésil, Équateur, Argentine, Colombie et d’autres pays latino-américains. Dans les jours qui viennent, nous transmettrons les noms de ses membres.

Signé le 14 juillet 2019 dans la ville de Puebla.


Cuauhtémoc Cárdenas Solórzano
Karol Aída Cariola Oliva
Julián Andrés Domínguez
Marco Enríquez-Ominami
Carlos Figueroa Ibarra
Fernando Haddad
Miguel Barbosa Huerta
José Miguel Insulza Salinas
Camilo Lagos
Guillaume Long
Clara Eugenia López Obregón
Esperanza Martinez
Daniel Carlos Martínez Villamil
David Méndez Márquez
Aloizio Mercadante Oliva
Alejandro Navarro Brain
René Ortiz
Carlos Octavio Ominami Pascual
Yeidckol Polevnsky Gurwitz
Gabriela Alejandra Rivadeneira Burbano
Ernesto Samper Pizano
Felipe Carlos Solá
Carlos Sotelo García
Jorge Enrique Taiana
Carlos Alfonso Tomada

Accedez au document original ici.

Diário do Centro do Mundo | Traduit par Marc Cabioch.